Aujourd’hui, je tente un nouvel exercice : le billet d’humeur. Mon plus gros défi : rester concise, mais je suis prête à le relever ! Même pas peur !!!

Pendant la campagne, le sujet de la diminution des cotisations sociales m’a fait tiquer, notamment la communication sur le gain extraordinaire qu’on nous a vendu pour le pauvre salarié, écrasé par le poids de ses cotisations sociales (hein ? Et le salaire socialisé ?)

Bref, petit coup de projecteur sur ce que cette mesure implique vraiment pour un salarié :

1. Diminution des cotisations de maladie et chômage

Parlons chiffres. Les cotisations de maladie s’élèvent en 2017 à 0.75 % du salaire brut, celles de l’assurance chômage à 2.40 % soit un total de 3.15 % du salaire brut.

Pour un salarié au SMIC (1 480.30 €), cela représente donc une économie de 46.62 € de cotisations mensuelles de maladie et assurance chômage.

2. Augmentation de la cotisation de CSG

Oui, parce que bon, faut bien la financer cette mesure, faut pas rêver non plus ! Alors, en contrepartie, il y aura une augmentation de la CSG de 1.7 points (d’ailleurs, au passage, c’est un peu obscur, on ne sait pas si cette augmentation concernera uniquement la CSG déductible ou non).

Actuellement, les taux de cotisations CSG sont de 5.1 % pour la part déductible et 2.4 % pour la part non déductible. Déductible de quoi ? Des impôts bien sûr ! Pour faire court, une partie de la CSG est inclue dans le revenu net imposable sur lequel vous payez des impôts… oui, c’est ça, on paie des impôts sur une cotisation sociale ! Ils ont eu le choix d’un système plus simple, mais les énarques s’ennuyaient…

Bref, vous aurez remarqué que je n’ai pas dit « 5.1 % du salaire brut » : c’est normal, ce n’est pas le cas ! En fait la CSG se calcule sur une base qui représente 98.25 % du salaire brut.

Prenons l’hypothèse que l’augmentation de la CSG ne concerne que la CSG déductible, pour un salarié au SMIC cela reviendrait à une augmentation de CSG de 24.71 €, qui vient donc compenser la diminution des cotisations maladie et assurance chômage du 1. pour un gain net total de 21.90 € mensuels. C’est sûr, c’est un cadeau énorme, sortez les décos de Noël, on va pouvoir acheter du beurre pour les pâtes !

Sauf que… non. La CSG ne se calcule pas seulement sur le salaire brut !

Son assiette inclue également la part patronale de la cotisation de prévoyance (qui est devenue assez répandue, même si légalement pas obligatoire) et la part patronale de la cotisation de mutuelle (vous savez, la fameuse mutuelle que l’employeur est désormais obligé d’imposer à tous ses nouveaux salariés et financée par l’employeur au minimum pour moitié ?).

Reprenons donc : partons de l’hypothèse d’un taux de prévoyance de 1.5 % du salaire brut pour la part partronale et d’une mutuelle à 35 € (c’est grosso-modo le tarif proposé par les mutuelles pour le panier de soins minimum fixé par la loi) financée à 50 % par l’employeur.

Ce qui donne donc une cotisation patronale de prévoyance de 22.20 € par mois et une cotisation patronale de mutuelle de 17.50 € par mois. En réalité donc, l’augmentation de la CSG de notre salarié au SMIC sera de 25.39 € soit un gain net total de 21.23 € mensuels et 254.76 € annuels.

3. Le financement de la différence

Alors, c’est vrai, quand on regarde les calculs, on se dit que finalement, le fait que la CSG inclue dans son assiette les parts patronales de prévoyance et mutuelle, ça change pas grand-chose.

Sauf que…

Si on diminue le financement de notre système de santé actuel, il y a deux solutions :

Je ne veux pas croire qu’on en arrivera à la première situation donc, plus ça va aller et plus le gain relatif à la diminution des cotisations maladie et assurance chômage s’annulera face à l’augmentation de la cotisation de la CSG liée à l’augmentation de son assiette !

4. Deux réflexions en vrac

Je n’aborde pas ici le sujet des retraités qui vont trinquer bien comme il faut, sans contrepartie, de cette augmentation de CSG qui est prélevée sur les pensions de retraite.

Deuxième effet Kiss Cool : la part patronale de mutuelle est également réintégrée au revenu net imposable puisqu’on considère que c’est une sorte de rémunération pour le salarié. Donc plus les cotisations mutuelle vont augmenter – et donc la part patronale – plus votre revenu imposable augmentera.