En rédigeant mon article précédent, je me suis dit que j’avais en fait plein de choses à partager concernant les candidatures et donc j’ai décidé de faire aussi un article un peu plus long et sérieux sur le sujet.

Petit préambule utile : rappelez-vous que l’employeur, 99.99 % du temps, ne vous connaît pas. Au même titre que votre photo de profil Tinder, votre candidature constitue la « première impression » qu’il aura de vous. Vous savez, cette première impression dont il est ensuite extrêmement difficile de se défaire, celle qui s’incruste en général avec ses meilleurs amis : les a-prioris. Votre candidature en dit bien plus sur vous que les seuls mots qu’elle comporte et rien n’est anodin.

Car une candidature est bien plus qu’un CV et une lettre de motivation : c’est aussi leur présentation (langage, format) et leur mode de diffusion (mail, courrier, mains propres). Donc, je le dis en préambule et je ne le répèterai jamais assez : RELISEZ VOUS, FAITES VOUS RELIRE, SOIGNEZ LA PRÉSENTATION !!!!

Petit point qu’il me semble important de préciser : je ne prétends pas avoir la science infuse et donner la recette de la candidature parfaite. Cela reste tout de même assez subjectif et dépend même du poste recherché (on n’attendra pas la même chose niveau présentation d’un CV de graphiste que d’un CV de comptable… même s’il existe pour de vrai des comptables super funs !!! mais dans tous les cas, on attendra une présentation propre et soigneuse).

1. Le CV

1ère étape : la rédaction de votre CV. Comme ça, ça a l’air simple : je prends une page A4 et j’écris… ma vie, mon oeuvre… sauf qu’en réalité, c’est un vrai exercice à part entière.

Un CV se rédige au calme, téléphone en silencieux, Facebook en veille, Instagram fermé (votre public devrait survivre aux quelques heures sans photo de votre dernier repas). Oui, j’ai bien dit « quelques heures » parce qu’un CV, c’est pas la rédaction de 5ème torchée un dimanche après-midi devant « Plus belle la vie ».

Le contenu

Le plus gros arbitrage : que ne pas y mettre ? Oui, parce que la partie « qu’y mettre », on a tous plus ou moins appris ça à un moment : un titre (ça se fait de plus en plus), la partie « formations » (études, diplômes, stages), la partie « expériences professionnelles » (petit boulot, emplois passés et actuels), la partie « compétences et savoirs techniques » et la petite dernière partie « je raconte ma vie » (i.e. les centres d’intérêt).

Sauf que… plus on avance dans sa carrière et plus on doit faire le tri et « désencombrer » (comme dirait Stéphane Plaza) son CV.

Le titre

Alors, là, attention ! Si vous visez un poste nécessitant un diplôme et que vous ne l’avez pas, ne le mettez pas en titre de votre CV !

Quand je dis nécessitant je veux dire que c’est une condition sine qua none comme par exemple, dans mon secteur, ne peut exercer la fonction d’aide-soignante que les personnes ayant effectivement obtenu ce diplôme d’Etat. Rien ne m’agace davantage que de perdre mon temps à traiter des dizaines de candidatures reçues par mail de personnes non diplômées lorsque j’ai précisé dans l’annonce que le diplôme était nécessaire !

Quand bien même j’aurais un poste correspondant à votre qualification à vous proposer par ailleurs, je ne le ferais pas parce que le fait que vous ayez postulé de manière inopportune au poste précédent dénote un manque de respect ou un manque d’attention de votre part (soit vous avez postulé sans regarder, soit vous savez que votre profil ne correspond pas au poste recherché et vous vous en foutez). On en revient donc à tout ce que votre candidature peut dire sur vous de manière détournée.

Formations et diplômes

Pour la partie « formations » et notamment les diplômes : si on a le BAC, inutile de mentionner le Brevet des Collèges, et il en va de même pour les diplômes post-BAC (à moins d’avoir fait un faux et usage de faux, l’obtention de ce genre de diplôme sous-entend l’obtention du BAC). Au passage : la jolie « mention bien » ou « très bien », tout le monde s’en fout deux ans plus tard !

Attention : je ne parle ici que des diplômes « hiérarchiques », on peut laisser différents Masters / MBA / Licences. Bref tout ça pour dire, on évite de remonter à son passage en grande section cum laude.

Expériences professionnelles

Ce qui m’amène au point suivant : les expériences professionnelles. Alors, en général, les « petits » stages (notamment les stages de 3ème) ne sont pas des « expériences professionnelles » à proprement parler. Mais on peut les mentionner ici, à défaut d’autres expériences professionnelles.

De la même manière, on peut faire l’impasse sur les jobs d’été en tant que retourneur de steacks, à moins que ce soit une expérience qui ait changé votre vie et façonné votre carrière professionnelle, ou pour les jeunes diplômés qui malheureusement n’ont rien d’autre à mettre dans cette partie.

La règle, dans tous les cas, c’est de se concentrer sur les expériences en rapport avec le poste que vous recherchez et/ou les plus récentes.

Mais pour éviter le CV vide (l’angoisse de la page blanche), on peut être amené à mentionner l’intégralité des expériences professionnelles passées.

Je fais partie des gens qui aiment les expériences détaillées. Ne perdez pas de vue que dans certaines entreprises c’est la RH qui trie les candidatures pour le responsable « technique » qui vous recevra en entretien. Elle n’est malheureusement pas forcément au faîte du poste recruté. On lui a parfois uniquement donné une liste de diplômes / compétences techniques / savoir-faire / connaissances nécessaires pour le poste en question. Alors si, pour vous, le « titre » de poste occupé vous semble très clair, ça ne le sera pas forcément pour elle. Si elle ne trouve pas les « mots-clés » qu’on lui a indiqués et que vous êtes 50 à postuler, elle laissera peut-être votre CV de côté, pensant que vous ne correspondez pas au profil qu’on lui a décrit.

Il est donc important de décrire les taches effectuées, les missions confiées, les actions menées et leurs résultats, etc. Sans aller jusqu’au Balzac, ça donne une bonne idée des compétences acquises, des situations rencontrées, etc.

MAIS point trop n’en faut ! Il vaut mieux ne pas trop « pipeauter » sur un CV, parce que vous ne savez jamais à l’avance qui vous fera passer l’entretien ! Cette personne aura peut-être des qualifications équivalentes au poste recherché et vérifiera ce que vous racontez !

Note pour les femmes : pour l’avoir déjà vu plusieurs fois, je suis de celles qui préfèrent voir une ligne dans le CV « 2001-2004 : congé parental / j’ai élevé mes enfants / etc » qu’un trou de 3 ans inexpliqué dans les expériences professionnelles (on s’imagine un peu tout et n’importe quoi dans ces cas-la). Après, je suis consciente que je ne fais sans doute pas l’unanimité mais je voulais donner aussi mon point de vue et je ne vois pas pourquoi il faudrait absolument le cacher. Élever des enfants, c’est du boulot, ça peut aussi être très instructif, tout dépend de ce qu’on en fait.

Compétences etc

Je regroupe là-dedans toute la partie « compétences techniques, savoir-faire, connaissances, etc ».

Compétences techniques

Attention, point personnel : je déteste les graphiques très à la mode en ce moment (y’a des promos chez Pôle Emploi ou quoi ?), vous savez ces barres de graduation ou ces graphiques avec des étoiles comme sur Amazon.
Je vais reprendre la citation de @Hteumeuleu à Sudweb (lue dans ce très bon article de Marie-Cécile Paccard :

« Les étoiles, c’est au ski qu’on les obtient »

C’est un CV, pas le guide Michelin !

Ca ne veut en général pas dire grand-chose… à moins d’avoir un système de notation officiel : oui, ça a du sens de mettre son score TOEIC / TOEFL, non ça n’a aucun sens de mettre « maîtrise d’Excel : 3/5 ».

Soit c’est parce que vous imaginez cette notation en fonction d’une grille de critères (subjectifs donc puisqu’il n’y a pas de grille officielle) et tous les critères auxquels vous pensez représentent le fameux 5 ou le 100%. Vous comptez ensuite combien de critères vous maîtrisez et vous calculez votre « score ». Problème : comment pouvez-vous être sûr que vous avez pensé à tous les critères ?

Soit c’est parce que vous pensez maîtriser aux 3/5èmes toutes les fonctionnalités de ce logiciel. Problème : comment êtes-vous sûr que cette note est objective puisqu’il n’y a encore une fois pas de grille officielle ?

Ou alors c’est un mix des deux et le problème est le même. Et dans tous les cas, comment l’employeur est-il censé connaître votre barème (oui parce qu’il n’y a pas d’annexe incluse à la fin du CV détaillant votre système de notation de vos compétences) ?

Donc, pitié, ne privilégiez pas le côté « esthétique » au détriment du bon sens. La sobriété, c’est classe !

On pourra m’objecter que c’est aussi subjectif d’écrire « maîtrise d’Excel » (sans note). C’est pas faux (« c’est « côtelettes » que vous comprenez pas? ») et d’ailleurs, j’allais y venir : d’une manière générale, banissez le mot « maîtrise » de votre CV. Je l’ai fait, je le reconnais, parce que je l’avais appris comme ça, mais à bien y penser, c’est très présompteux et les versions des logiciels évoluent constamment ce qui rend parfois obsolète une partie de ce que vous connaissiez. Donc mettez plutôt des faits que des jugements (pour rester sur Excel : utilisation de TCD, rédaction de macros etc… bon si votre compétence d’Excel se résume aux sommes automatiques, est-ce vraiment utile de mentionner cette compétence sur votre CV ???).

Dernier point là-dessus : potentiellement, l’employeur pourra vous poser des questions sur tout ce qu’il voit écrit, et potentiellement, cela pourra jouer sur votre recrutement et donc, sachant que vous savez faire un truc en particulier, il pourra vous demander de le faire. Alors, soyez logique, si vous savez faire quelque chose mais que vous n’aimez pas le faire, ne le marquez pas ! Vous n’en êtes en général pas à une compétence près à moins que vous ne sachiez vraiment faire que ce que vous n’aimez pas, et auquel cas… euh… envisager une reconversion professionnelle serait peu-être judicieux non ?

Evitez de vous retrouver dans une position gênante lors de l’entretien (« oui oui je sais le faire, mais j’aime pas ! »). D’autant que ça donne une mauvaise image de vous : vous laissez penser à l’employeur que vous ne voudriez faire que ce que vous aimez… J’ai beau ADORER mon boulot, m’y éclater, m’y épanouir, y apprendre des tas de choses… y’a des jours où je dois faire des choses que je n’aime pas.

Mon petit conseil : ne parlez pas de cette compétence. Si l’employeur vous demande en entretien si vous l’avez, préférez dire que vous ne la maîtrisez pas plutôt que vous l’avez mais que vous n’aimez pas le faire. S’il a besoin de quelqu’un pour faire cette tache en particulier, il trouvera sûrement un autre salarié pour le faire ou fera appel à une ressource externe.

Les langues

J’en vois souvent et j’avoue l’avoir fait aussi longtemps. Comme tout le reste, ce que vous mentionnez dans votre CV doit avoir un intérêt précis. Inutile donc de préciser que vous avez des « notions » en espagnol ou allemand si vous ne l’avez pas parlé / lu / écrit depuis longtemps et que vous êtes incapable d’aligner deux mots dans la langue en question.

Encore une fois, le but n’est pas de remplir votre CV de tout ce que vous avez su / su faire à un moment donné de votre vie, mais d’informations percutantes et utiles.

Éventuellement, ce sera une carte de plus lors de l’entretien. « Ah vous avez des clients espagnols ? j’ai appris l’espagnol en 3ème langue pendant un an, je comprends encore quelques mots mais mon vocabulaire est vraiment très limité ». Contrairement à ce qu’on pourrait penser, c’est un plus : d’abord parce que l’employeur préfèrera un candidat honnête qui avoue ne pas être une bête dans tous les domaines qu’il évoque à un candidat champion olympique de pipeau, ensuite parce que, qui sait ? si jamais la personne ressource « clients espagnol » venait à être absente, vous venez de vous placer en solution d’urgence…

Je mentionnais plus haut des tests comme le TOIEC et le TOEFL qui permettent à l’employeur de se faire une idée de votre niveau de langue grâce à votre score… si tant est que vous ayez passé ce test récemment. Une langue vivante qu’on ne pratique pas est bien souvent oubliée très rapidement ! J’ai fait allemand 1ère langue (de la sixième à Bac +5 donc et j’avais obtenu un score pas trop dégueulasse au WiDaF), malheureusement, j’ai complètement arrêté de le pratiquer dès mon diplôme, je suis aujourd’hui incapable d’en aligner deux mots, je ne comprends pas un mot à l’oral et je dois reconnaître un mot sur 50 à l’écrit… j’ai tout simplement viré cette ligne de mon CV !

Les « qualités »

Pour moi, elles n’ont rien à faire dans le CV. En plus, encore une fois, c’est totalement subjectif et faussé.

C’est un peu comme les petites annonces d’appartement. Parfois, « beaux volumes » correspond en réalité à « chambre de 3.5 m² mais avec 6m de hauteur sous plafond ! ». Donc on évite le plus possible tout ce qui est subjectif.

D’autant que si Maman est fière de son fiston et considère que que vous êtes l’être le plus gentil de toute la terre entière, vous êtes peut-être, pour le reste de la terre entière en question, la pire raclure qui soit !

D’une manière générale, pour clore ce chapitre « Compétences », n’en faites pas des tonnes non plus. Vos expériences, si elles sont bien détaillées, devraient déjà permettre au lecteur de se faire une bonne idée sur vos compétences et connaissances.

Centres d’intérêt

Ici encore, la sobriété est de rigueur. On calme ses ardeurs, 2 ou 3 suffisent et si possible, ceux qui disent quelque chose de vous. Par exemple, la pratique d’un sport à haut niveau (combativité, persévérence, maîtrise de soi) ou d’une activité artistique (créativité, minutie, rigueur). Faire partie d’une association humanitaire / politique (je ne dis pas de mettre votre parti politique dans votre CV mais je pense à ceux qui ont un engagement politique local, comme faire partie d’une liste électorale aux municipales par exemple) en dira également plus long sur votre personnalité que tous les adjectifs que vous aurez pu écrire dans la partie précédente.

Cette partie n’est pas indispensable. 90% des CV que je reçois mentionnent dans cette partie « cinéma, lecture »… C’est à la fois trop vague et sans intérêt aucun. « Passionné de cinéma d’art et d’essai », « Lecteur invétéré de romans fantastiques médiévaux » là, oui, ça dit quelque chose de vous - voire, comme cela m’est déjà arrivé, vous permettre d’obtenir un entretien parce que vous avez su attiser la curiosité du lecteur et que par rapport au CV identique de votre concurrent, cette petite mention a su faire la différence entre lui et vous. Honnêtement, parfois, ça se joue à bien peu de choses.

La forme

La langue

Je ne le répèterai jamais assez : pitié, faites-vous relire. Quand vous avez passé deux heures à peaufiner votre CV, vous savez ce que vous allez lire et il se passe quelque chose de magique et agaçant : votre cerveau va corriger lui-même les fautes… mais juste dans votre tête. Il est extrêmement difficile d’avoir un regard neuf quand on relit un texte à soi. Donc faites appel à un ami qui saura détecter les petites coquilles. (D’ailleurs, je suis en train de relire cet article 4 jours après sa rédaction et je corrige encore des coquilles que je n’avais pas vues !).

Je ne cherche pas à véhiculer de stéréotypes mais il est vrai que souvent la personne missionnée pour sélectionner les CV est une secrétaire / RH. Cette personne, si elle a été bien recrutée, maîtrise assez bien la langue française (c’est disons un peu un pré-requis de son poste justement !) et croyez-moi, certaines candidatures piquent les yeux !!!

Si vous avez un doute, prenez un dictionnaire (si vous n’en avez pas, des versions sérieuses et gratuites existent sur Internet). Et la plupart des logiciels que vous utiliserez pour la rédaction de votre CV intègre en général un correcteur orthographique et grammatical (c’est pas magique ça ?). Servez-vous en !

La déco

Retenez cette règle d’or : « le mieux est l’ennemi du bien ».

Laissez tomber les polices zazou et illisibles, les Word-Art, les 25 couleurs différentes, les modèles surchargés…

À moins que vous soyez recruté spécifiquement pour votre maîtrise artistique, tenez-vous en à une présentation sobre et classique.

Attention, « sobre et classique » ne veut pas dire « ambiance pompes funèbres ». Vous pouvez mettre quelques touches de couleur (mais c’est comme pour les vêtements, votre CV n’est pas un sapin de Noël).

Attention, hurlement primaire : « Arrrrrrrrrrrrrrrrrgh ! »

Ah, ça va mieux… Non c’est parce que j’étais en train de penser au point suivant : la police.

On laisse tomber bien évidemment les Symbol / Wingdings et autres polices « rigolotes » ou alambiquées de l’époque Voltaire, et tant qu’on y est, on bannit aussi le Comic Sans Ms !!! Cette police est exclusivement réservée aux communications parents-enseignants des classes de maternelle ! Ah oui et du coup, c’est pas parce qu’on est RH qu’on ignore que « Calibri » est la nouvelle police par défaut de Word, alors on fait un effort on passe au moins sur du Tahoma ou Verdana (mais pas sur du Comic Sans Ms. C’est bien, il y en a trois au fond qui suivent). Ca montre qu’on a fait un petit effort de présentation et ça reste très agréable à lire.

Rappelez-vous qu’on vous demande un CV, pas un Matisse et qu’il n’a donc pas vocation à finir encadré en 4 par 3 sur un mur !

2. La lettre de motivation

Deuxième exercice, bien plus compliqué que celui du CV : la redoutée lettre de motivation. On trouve moult modèles sur Internet. Tout le monde sait que la moitié de ce qu’on raconte dedans, c’est du pipeau mais malheureusement, peu de candidatures passent le cap de l’entretien sans elle.

« C’est l’jeu ma pauv’ Lucette »…

Le contenu

La encore, ça dépend un peu de ce qu’on nous a appris (oui car, évidemment, rédiger une lettre de motivation n’est pas inné). Je vais donc parler de ce que j’ai appris en Grande Ecole, mais je ne prétend pas détenir la vérité absolue dans ce domaine.

Quelques fondamentaux néanmoins : si vous adressez votre candidature à une personne en particulier (ce qui est quand-même mieux), assurez-vous d’avoir bien noté son nom et sa fonction (évitez de mettre le nom du Directeur parti à la retraite 3 ans plus tôt ou du RH licencié quelques mois auparavant : appelez avant l’envoi et vérifiez ces informations). Et du coup, dans la lettre, évitez le « Madame, Monsieur » puisque vous savez à qui vous vous adressez.

L’entreprise

Alors bien sûr, vous n’allez rien apprendre à la personne qui va lire votre lettre. Même dans le cas d’un recrutement par un cabinet externe, elle est au courant de la taille de l’entreprise, de son coeur de métier, de ses valeurs, de son positionnement géo-économique, etc.

Mais rédiger quelques phrases la concernant prouve que vous avez pris la peine de vous renseigner un tant soit peu et que vous ne postulez pas « comme ça, parce que vous avez vu une offre passer ».

Là encore, c’est vrai, ça prend du temps, il faut choisir ses mots, l’idée n’étant pas de recopier l’intégralité de leur page d’accueil Internet. Faites aussi preuve de recul dans les thèmes que vous choisissez d’aborder. Ne parlez pas des valeurs humanitaires et sociales du plus gros fabriquant d’armes / de cigarettes mondial ! Certes, c’est un peu pour brosser l’employeur dans le sens du poil, mais point trop n’en faut !

Le poste

Si c’est une candidature spontanée, décrivez le poste que vous souhaiteriez occuper. S’il s’agit d’une réponse à une offre, montrez que vous avez compris le poste proposé.

Encore une fois, il ne s’agit pas de recopier le descriptif de l’annonce mais de montrer que vous avez pris quelques minutes de recul pour vous assurer que vous ne répondez pas à cette offre parce que vous n’aviez rien de plus intéressant à faire de votre demi-journée !

Vous

C’est le moment de vous vendre… en toute humilité bien entendu ! Cette entreprise a survécu sans vous, elle pourrait tout à fait continuer. Mais le but est de montrer que vous pourriez correspondre au poste.

C’est l’occasion de parler un peu plus d’une ou deux expériences indiquées dans votre CV, liant ainsi, tel un corset de robe de mariée, vos compétences professionnelles et personnelles à celles du profil recherché.

Evitez les phrases telles que « mon profil correspond parfaitement au poste » (déjà, la perfection c’est chiant, ensuite, c’est très subjectif).

Evitez également les arguments « Marché de l’agriculture » : « rigoureux, autonome et dynamique, je suis… ». Par exemple, expliquer que votre expérience en cabinet d’audit vous a permis de développer une certaine rigueur au travail, ainsi qu’une bonne résistance au stress aura beaucoup plus d’impact car on passe alors d’un jugement subjectif à une expérience concrète.

D’autant que ce genre de formule ne prouve en rien que c’est le cas et que vous êtes peut-être en réalité tire au flan, étourdi et mou.

Et on termine par une superbe formule de politesse que tout le monde abhorre mais qui a fini par s’imposer allez savoir comment du genre « veuillez agréer mes salutations distinguées » (encore une fois, qui nous prouve qu’elles sont distinguées?).

La forme

La langue

Mêmes conseils que pour le CV : relisez-vous, ne faites pas confiance à votre cerveau, faites-vous relire. Une lettre de motivation c’est comme une pâte à crêpe : on la prépare, on la laisse reposer, on la retravaille. Donc à force de modifications successives, il arrive souvent de trouver des phrases inachevées ou des mitoses de phrases quand vous avez changé d’avis en cours de rédaction ou supprimé partiellement la version précédente !

Le format

Elle peut être manuscrite SI ET SEULEMENT SI vous avez la chance d’être doté d’une écriture lisible. Les pattes de mouche indéchiffrables relégueront votre candidature directement à la poubelle.

Elle est de nos jours très souvent informatique. Assurez-vous alors de quelques règles de mise en page basiques : que le format (police, alinéas, espacement des lignes) soit cohérent entre tous les paragraphes.

Et bien entendu, les conseils sont les mêmes que pour le CV concernant le choix de la police, des couleurs et de la déco.

3. L’envoi

Je vais être plus brève sur cette partie (déjà parce que je pense à ce stade avoir perdu 90% de mes lecteurs, ensuite parce que j’ai moins de choses à dire).

Je reprends les points évoqués dans mon article « humoristique » de la candidature :

En mains propres

Assurez-vous d’être « présentable » ce jour-là et d’avoir préparé un petit message de présentation clair et succint. N’oubliez pas de sourire et de remercier la personne que vous rencontrerez (non, visiblement, ce n’est pas évident pour tout le monde !).

Par courrier

Attention à l’adresse, à l’affranchissement, au pliage de votre courrier (oui c’est important, si vous vous y êtes repris à 4 fois avant que ça rentre correctement dans l’enveloppe et qu’il y a donc des traces de pliure partout : réimprimez et recommencez).

Par mail

Pensez à mettre toutes vos pièces jointes en format PDF, à ne pas mettre plusieurs destinataires en copie non cachée et à adresser quelques mots gentils dans le corps du mail pour la personne qui va réceptionner votre mail.


Vous remerciant d’avoir pris la peine de lire cet article jusqu’au bout, et espérant qu’il vous aura instruit et diverti, je vous prie d’agréer, cher lecteur, chère lectrice, mes salutations les plus princessières.