Mon premier article « coup de gueule » !!!

Je travaille dans un EHPAD (Etablissement d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes) où on applique la CCN 51. Cette convention prévoit — comme beaucoup — une grille de salaire. Pour ceux qui ne s’y connaissent pas trop (et puisque c’est justement le but de ce blog) voila comment ça fonctionne :

Salaire brut de base = coefficient métier × valeur du point

Qu’est-ce que le coefficient métier ?

La convention prévoit tous (enfin en principe) les différents métiers qui peuvent exister dans les établissements soumis à cette convention (en l’occurence la CCN 51 s’appelle « Convention collective nationale des établissements privés d’hospitalisation, de soins, de cure et de garde à but non lucratif » et on l’appelle CCN 51 parce qu’elle date de 1951… bon entre temps elle a été revisitée, comme les pâtisseries de Cyril !!!) et donc pour reprendre le fil de mes explications : les syndicats d’employés et d’employeurs se sont donc réunis pour définir les métiers et y affecter un coefficient. Par exemple un aide-soignant diplômé a un coefficient métier de 351.

Qu’est-ce que le point ?

C’est une valeur décidée entre les syndicats et qui en principe, est renégociée régulièrement… ce fut le cas, jusqu’en 2010. Au 1er décembre 2010, le point a été renégocié pour la dernière fois à 4.403 €. A ce jour, il n’a toujours pas été ré-évalué.

En pratique

Si je garde l’exemple de mon aide-soignant, son salaire brut de base est - depuis 2010 - de : 351 × 4.403 = 1 545.45 € et il bénéficie en plus d’une « prime fonctionnelle » de 11 points / mois donc 11 × 4.403 € = 48.43 € donc un salaire de 1 593.88 €

Donc, je le répète, ce point n’a pas été revalorisé depuis près de 6 ans ! Alors, certes il y a 1% d’ancienneté par an… Ouais… sauf que ça compense à peine l’augmentation des cotisations sociales annuelles et carrément pas l’inflation ! Et double effet kiss-kool : l’écart entre les métiers se réduit sérieusement. Pourquoi ? Parce que pour le moment, les salaires ne peuvent pas être inférieurs au SMIC. En 2016, le SMIC est de 1 466.62 € donc si on le ramène à la valeur du point : 1 466.62 € / 4.403 € = 333 points. Donc, si vous voyez où je veux en venir, tous les salariés dont le coefficient est inférieur à 333, ont un salaire de base inférieur au SMIC, donc leur salaire est automatiquement revalorisé à hauteur du SMIC.

Et c’est pas fini ! Car depuis 2014, les syndicats ont négocié un salaire minimum conventionnel qui serait supérieur au SMIC pour revaloriser les plus bas salaires. Pour le moment, il est toujours à la valeur de 2015 donc 1 463 € mais il devrait prochainement passer à 1 472 € (en cours d’agrément).

Un effet pervers

L’effet pervers de cette bonne idée dans l’absolu, c’est que comme les autres salaires ne sont pas revalorisés, les écarts se réduisent. Comparons par exemple le salaire d’un Agent de service et d’un Aide-soignant avec la valeur du point en 2009 (4.381) et en 2016 (4.403 et salaire minimum conventionnel)  :

Le salaire d’un aide-soignant est donc en 2016 de 1.08 × le salaire de l’agent de service contre 1.16 en 2009. Attention, je ne fais pas l’apologie des écarts de salaires monstrueux comme on le voit encore trop souvent, mais il n’empêche que la reconnaissance de leur diplôme en prend quand-même un petit coup…