Je l’admets : j’adoooooore les surprises ! Les surprises en tous genres, du moment que c’est une surprise ! Alors, un des petits plaisirs
de ma journée, c’est d’aller ouvrir la boîte aux lettres (la vraie, pas mes mails)… dès que je sors de la voiture… même si j’ai trois milliards de trucs dans les bras !

Hier soir justement, j’avais une surprise : un gros colis ! Et pas genre le colis Amazon du bouquin professionnel que tu as commandé la semaine dernière ou le colis de ton pote qui te renvoie gentiment ton chargeur de portable que tu as oublié pour la dixième fois chez lui… Non, le vrai paquet inattendu, un carton neutre, une adresse qui n’en dit pas vraiment plus… Un milliard de possibilités !!!

A l’intérieur, une carte pleine d’amour de mon parrain qui venait me souhaiter un joyeux anniversaire, et dans le paquet… un ours en peluche ! Tout mignon, ultra-doux, avec des bras et des pieds tout rembourrés et un joli sourire. Et là, j’ai eu le triple effet kiss-kool.

J’avoue tout : ma première réaction a été de faire ma petite danse (si, vous savez, celle de « The ugly truth ») d’abord parce que j’aime les surprises, ensuite parce que j’aime les peluches. Et puis, je me suis demandé ce que j’allais hônnetement bien pouvoir en faire ! A part prendre la poussière sur une étagère dans ma chambre (non, le donner aux enfants n’est pas une option, je ne suis pas cruelle à ce point même avec une peluche !). Je me suis dit qu’aux yeux de mon parrain, j’aurais probablement toujours dix ans…

Et c’est à ce moment que j’ai repensé au lightening talk de Bastien Guerry pour Sud Web 2016 « J’ai dix ans », qui m’avait émue aux larmes (non je n’exagère pas, vraiment), et je me suis demandé si au fond, c’est pas eux qui avaient raison. Si la vraie recette du bonheur, c’était pas de se rappeler de temps en temps qu’on peut toujours avoir dix ans…

Il y a quelques mois, j’ai décidé d’arrêter la télé, la radio, les journaux. Trop de guerres, trop de mensonges, trop d’horreurs… trop pour moi. Certes, ne pas les voir ne les fait pas disparaître mais au moins, j’ai pu garder ma santé mentale. Au départ, j’ai pensé que j’étais faible et égoïste. Faible d’être incapable de prendre de la distance, de ne pas pouvoir retenir mes larmes devant les images terribles ou gores que me balançaient les journaux au visage, faible parce que j’avais l’impression d’être la seule à réagir comme ça. Encore aujourd’hui, les repas du midi consistent principalement à relater les dernières atrocités mondiales en date et tout le monde s’accorde à dire que « c’est horrible » ou « non mais vraiment où va le monde » puis repart gentiment à sa part de tarte. Et puis égoïste aussi, parce qu’en fermant les yeux sur tout ça, je me recentrais sur ma petite vie, les gens que j’aime et les petites merveilles de mon quotidien. Parce que si tout le monde faisait ça, qui resterait-il pour aider les autres, tendre la main et agir ? Mais la vérité, c’est que… pas tant que ça.

D’abord, je ne suis pas seule, et mon mari m’a plus ou moins accompagnée dans ma démarche (bon, lui en revanche, grand boulimique de la presse écrite, ne tombe pas des nues à chaque fois qu’une connaissance commente l’actualité !). Et puis, pas si égoïste finalement, parce que depuis, je vais mieux, et j’ai pu me consacrer davantage à ma famille et à mes amis plutôt que de ruminer toute la misère du monde dans mon coin… Je me suis fait la liste (j’aime beaucoup faire des listes !) de tout ce qui était chouette dans ma vie et que je voulais préserver : mon mari toujours plein d’attentions et qui croit en moi plus que n’importe qui, mes enfants (qui évitent de justesse un soir sur deux de finir au congel mais ceci est une autre histoire) qui me surprennent de jour en jour, mon petit chaton si mignon (sauf à deux heures du mat’ quand il vient de mordre le nez !), ma soeur qui me manque, loin là bas sur son île, mon frère qui déborde d’imagination pour précipiter un ulcère qui viendra bien assez vite, mes parents, mes amis, mon boulot (car oui, j’aime mon boulot !!!), bref, tant de choses que j’avais fini par prendre pour normales mais qui sont en fait beaucoup. J’ai réalisé que j’aimais toujours autant les Disney, faire le sapin de Noël le 1er décembre (le plastique, c’est fantastique !), faire un chouette repas pour des amis, tester de nouvelles recettes, une nouvelle paire d’escarpins !!! J’ai réalisé que mon kindle était blindé de « teen lit », que je dansais toujours sur Billy Crawford et Tragédie (oui, j’ai des goûts musicaux… bien à moi !), que je pleurais devant mes chick-flicks même quand je les regarde pour la vingtième fois et que finalement, je ne m’étais pas laissée vieillir tant que ça, que l’âge, c’est surtout dans la tête…

Alors, voila, tout ce long billet pour dire simplement merci (oui j’aurais pu commencer par là !) : merci à Bastien Guerry pour cette superbe lettre, et merci à mon parrain de m’avoir convaincue.

PS : la nuit dernière, j’ai dormi avec mon petit ours en peluche et ça m’a fait du bien.